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Introduction :
Le but des technologies xDSL est de doper la communication sur le réseau
téléphonique existant. Il s'agit de mettre en œuvre de nouvelles techniques
de traitement du signal permettant d'augmenter le débit. Pour l'xDSL,
la clé réside dans la modulation.
Il existe différentes façons de traiter la porteuse HF, en fonction de
la donnée à transmettre; on utilise pour cela les techniques Carrier Amplitude/Phase
Modulation (CAP) et Discret Multitone Modulation (DMT). Toutes deux utilisent
une modulation en phase et en amplitude (QAM), mais diffèrent dans la
manière de l'appliquer. Ces techniques sont apparus en complément des
techniques de codage 2B/1Q, utilisées notamment pour le RNIS.
Codage 2B/1Q :
Cette technique de codage est apparue pour permettre d'augmenter la distance
maximale de transmission nécessaire pour l'introduction du réseaux RNIS.
En effet, la distance maximale des techniques AMI utilisée pour les lignes
T1 aux Etats Unis, ou encore HBD3 pour les lignes E1 en Europe, était
inférieure de moitié à celle des spécifications du RNIS.
Ce codage 2B/1Q fait correspondre à un groupe de deux éléments (2 bits:2B)
un créneau de tension, dit symbole quaternaire (1Q), pouvant endosser
4 valeurs différentes. Dans le cadre du développement du RNIS, chacun
de ces symboles quaternaires est émis à une vitesse de modulation de 80
000 bauds/s ou encore 80 000 symboles/s. Ceci permet un débit de 160 kbps.
Pour améliorer ce débit, tout en conservant les caractéristiques du codage
2B/1Q, la technologie HDSL autorise une vitesse de modulation de 584 000
bauds/s permettant un débit symétrique supérieur à 1 Mbs par paire téléphonique.
Ainsi en couplant deux paires torsadées, le débit obtenu est compatible
avec les équipements existant des lignes E1 européennes.
Cependant, cette technologie est à bande de base; elle transmet les informations
à partir de 0 Hertz. Il est donc impossible de transmettre simultanément
les données et le service téléphonique (POTS) sur une même ligne, ce dernier
service occupant la bande de fréquence de 0 à 3,4kHz.
Quadrature Amplitude Modulation (QAM) :
La modulation QAM est la combinaison d'une modulation de phase et d'amplitude,
afin d'augmenter le nombre d'états par symbole. A chaque état correspond
une amplitude et une phase. Ceci augmente la difficulté de modulation
et de démodulation, mais permet une augmentation importante de la bande
passante transmise. En théorie, on peut ainsi transmettre de 1 à 6bps/Hz
L'utilisation de la modulation en amplitude et en phase a permis une amélioration
sensible de la transmission de données. En effet, à la différence du 2B/1Q,
les codes CAP et DMT, dérivées du QAM, sont typiquement passe-bandes et
peuvent être conçues pour opérer sur une bande de fréquence spécifiée.
Ceci va permettre de séparer les canaux réservés à la ligne téléphonique,
la réception et l'émission.

Carrierless Amplitude Modulation (CAP):
En parallèle au développement du codage 2B/1Q, une entreprise américaine
AT&T a développé le CAP, permettant de coder jusqu'à 9 bits par symbole.
On peut ainsi transmettre la même quantité d'informations sur une bande
de fréquence réduite, d'où une diminution de l'atténuation et une distance
maximale plus grande.
Cette technique est restée très proche de la QAM. Elle en diffère en
ce qu'elle écrit en mémoire certaines parties du signal modulant avant
de les réassembler sur le signal modulé. La porteuse n'est pas transmise,
puisqu'elle ne contient aucune information d'ou l'appellation carrierless.
Notons que les dernières versions du CAP s'adaptent à la ligne avant
d'effectuer la modulation.
Discrete Multitone (DMT):
Vainqueur de l'ensemble des tests effectués par Bellcore au cours des
processus de standardisation des technologies xDSL, DMT a été adopté comme
norme par le American National Standards Institute (ANSI) et l'Institut
Européen de Normes de Télécommunications (ETSI). Son utilisation s'est
généralisée sur le marché des solutions xDSL, ce qui permet une grande
interopérabilité entre les solutions proposées par les différents constructeurs.
La technique consiste à partager la bande passante disponible en un nombre
élevé de canaux. Ces canaux reçoivent une modulation de type QAM et sont
transmis en parallèle. Cette technique multiporteuse, nécessite de forts
traitements numériques et n'a donc vu le jour qu'à partir du moment ou
les DSP sont devenus abordables en matière de coûts.
La normalisation ANSI T1.413 spécifie l'utilisation de 256 porteuses
pour le canal de réception, chacun des sous-canaux ayant une bande passante
de 4kHz. Chacune des porteuses peut être modulée de 0 à 15 bps/Hz, ce
qui permet un débit de 60kbps pour chacun de ces canaux de transmission.
En émission, la norme spécifie l'utilisation de 20 porteuse.

De plus, DMT alloue les données de manière à optimiser le débit de chaque
canal c'est à dire d'adapter la transmission aux caractéristiques de la
ligne téléphonique. Le nombre de bits porté sur chaque porteuse est variable,
parce que les capacités internes de transport de chaque sous-porteuse
varient en fonction de leur fréquence. Plus la fréquence est élevée et
plus l'atténuation est importante, permettant aux fréquences les plus
basses de transmettre le plus d'information. De plus, on fait varier le
nombre de bits par porteuse en fonction des conditions de transmission,
en placant un nombre plus important de bits sur les canaux les plus robustes.
Ainsi pour éviter les perturbations dues au bruits ou les interférences
radios il suffit de coder plus ou moins de bps/Hz sur les porteuses.

Le premier exemple est caractéristique d'une paire torsadée dans un câble
de 24 paires. Notons que les fréquences bases sont éliminées et que les
hautes fréquences le sont aussi conformément aux caractéristiques de la
ligne.
Le second exemple inclus une interférence due par exemple à une station
radio AM (partie noire). DMT estime alors qu'il ne faut pas transmettre
sur ces fréquences, s'adapte à la ligne et annule les fréquences en question.
Une telle adaptation n'est pas naturelle pour le CAP. Une version améliorée
de cette technique de codage, a permis d'ajouter cette fonction d'adaptation
mais en augmentant le prix et la complexité.
Discrete Wavelet Multitone (DWMT) :
Cette dernière technique de codage propriétaire a été développée par Aware.
Elle a été conçue pour les produits symétriques à haute vitesse. Semblable
à DMT, elle permet cependant une meilleure isolation entre les sous-canaux,
en utilisant un algorithme plus poussé que la transformée de Fourier utilisée
dans le DMT.
Elle consiste à minimiser l'influence des lobes secondaires en concentrant
les informations sur le lobe central. Ainsi le signal du canal n interfère
beaucoup moins avec les canaux (n-1) et (n+1).
Frequency Division Multiplexing (FDM) et Annulation
d'écho :
L'un des problèmes de la transmission haut débit est l'interférence entre
les signaux émis et reçus, si ceux-ci sont situés sur la même bande de
fréquences. Deux solutions ont été utilisées pour minimiser cette interférence.
Etant donné que les caractéristiques du signal émis sont connus, il est
possible de soustraire au signal reçu la perturbation due au signal émis.
Cette première technique, appelée " annulation d'écho ", permet un chevauchement
des fréquences des deux sens de transmission, comme le montre la figure
ci-dessous :
Elle introduit cependant une nouvelle perturbation en cas de présence
simultanée dans un même câble de plusieurs transmissions à annulation
d'écho. Il est donc important, au moment d'installer une technologie xDSL,
de vérifier le nombre d'installations similaires présentes dans la gaine
téléphonique qui achemine la transmission sur le réseau téléphonique.
Sans ces considérations, les performances en débit et en distance seront
modifiées.
La deuxième solution consiste à séparer les bandes de fréquences utilisées
en réception et en émission. Pour cela on utilise une technique de multiplexage
en fréquence (FDM) comme le montre la figure suivante :
Cette technique n'introduit pas de nouvelles interférences, à la différence
de la technique précédente, mais à débit équivalent, elle utilise une
bande passante plus importante, ce qui diminue la distance maximale de
transmission.
Conclusion :
La guerre qui a fait rage entre les techniques DMT et CAP, a été un frein
dans le développement des technologies xDSL. De plus, malgré la normalisation
du DMT, c'est bel et bien le CAP qui a été développé par la majorité des
constructeurs. Il semble cependant que cette tendance s'inverse, et que
petit à petit, on assiste à la mise en œuvre de systèmes capables de gérer
les deux codages. A la limite, la technique de code pourrait bien devenir
transparente pour l'utilisateur si les constructeurs définissent des normes
d'interopérabilité assez précises.

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