Hadopi : SFR mis à part, les FAI ne veulent pas payer la facture
Source : La Tribune
13/08/2010

Ca ne saurait tarder, les premiers courriers électroniques d'avertissement à destination des internautes coupables de téléchargement illégal sur les réseaux de « peer-to-peer » devraient être envoyés d'ici deux ou trois semaines. C'est en tout cas ce que l'autorité administrative (Hadopi) qui en a la charge et le ministre de la culture Frédéric Mitterrand nous ont laissé entendre.
Les ayants droit, c'est-à-dire les représentants de l'industrie de disque et du cinéma, se disent pour leur part fin prêts. Ils ont même déjà réalisé moultes tests qui ont permis à Trident Media Guard la société chargée de flasher des contrevenants de récolter leurs adresses IP et de les envoyer à l'Hadopi qui a son tour à pu ainsi rôder sa machine.
Les fournisseurs d'accès à internet (FAI) affirment quant à eux ne rien avoir reçu. Ils ont même largement fait savoir à ce sujet que cela ne se fera pas sans dédommagement financier. Orange, Free, Bouygues Télécom et Numericable ont en effet adressé une lettre commune au cabinet du ministre de la culture, publiée par le quotidien La Tribune, dans laquelle ils déclarent « nous serons amenés à facturer les pouvoirs publics pour ces opérations d'identification des adresses IP, et nous le ferons au premier jour. En effet, le Conseil constitutionnel a eu l'occasion de rappeler que le concours apporté au titre de demandes étrangères à l'exploitation des réseaux ouvrait droit à compensation ».
Voila qui semble être clair, les FAI exception faite de SFR, tiennent à montrer qu'ils ne feront preuve d'aucun zèle. La Fédération française des télécommunications qui représente leurs intérêts a même chiffré le coût de l'opération : « l'identification se fera de façon manuelle dans une première phase. Les FAI entendent donc généralement facturer cela selon le tarif pratiqué actuellement pour une réquisition judiciaire dans des processus similaires (8,5 euros par identification). Cette phase manuelle peut durer plusieurs semaines à quelques mois selon les FAI. Ensuite, le processus sera automatisé et le coût diminuera de manière sensible ».
Mais en fait du côté de Matignon cette « n-ième » agitation n'est guère prise au sérieux. Ce qui ressemble en effet à de l'affichage a déjà été pris en compte puisque les pouvoirs publics ont eux aussi prévu cette première étape manuelle suivie par un processus automatisé dont ils évaluent alors le coût à quelques centaines de milliers d'euros par an.
Si la position de SFR, qui depuis toujours est favorable à la loi Hadopi, a le mérite d'être assumée, il en va autrement de celle d'Orange qui sur le fond partage la même analyse. Mais pourrait-il en être autrement pour notre opérateur historique qui abrite désormais en son sein l'ancienne ministre de la culture qui s'est battu bec et ongle pour défendre la loi Hadopi ? Free pour sa part se montre encore et toujours beaucoup moins coopératif et conserve ainsi sa réputation singulière de trublion de l'internet.
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