Mises au point de l'ARCEP sur la 3G et la fibre
Source : ARCEP
11/12/2008

Les opérateurs télécoms vivent une période agitée. La concurrence, l'évolution de téléphonie mobile, les investissements à faire dans la fibre optique et bien d'autres dossiers importants les opposent entre eux et souvent aussi aux décideurs politiques. Dans cette période de gesticulations médiatiques, Paul Champsaur, président de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a tenu à faire quelques mises au point.
Dans l'interview qu'il a accordée au quotidien Challenges, il réaffirme la nécessité d'imposer une forte baisse des prix des appels mobiles que les opérateurs se facturent entre eux. Le but étant de permettre aux opérateurs de proposer plus facilement des forfaits avec des appels illimités vers tous les opérateurs alors que les offres actuelles, de numéros illimités sur leur seul réseau, favorisent les leaders. L'objectif étant d'autre part de « rapprocher les tarifs de gros du mobile de ceux du fixe » et de permettre à l'avenir d'inclure l'illimité vers les mobiles par le biais des Box.
Toujours à propos du secteur de la téléphonie mobile Paul Champsaur constate que contrairement à l'ADSL, où la mise en concurrence a permis aux Français de disposer des offres les moins chères d'Europe, le marché du mobile, qui n'est pas régulé, est devenu « un oligopole serré ». Pour y remédier l'ARCEP à l'inverse du gouvernement est favorable à un quatrième opérateur qui serait incité pour « remplir son réseau, à être plus accueillant avec les opérateurs virtuels (MVNO) à qui Orange, SFR et Bouygues Telecom laissent peu de marge de manœuvre ».
Pour ce qui est du Trés Haut Débit, l'ARCEP voit dans la stratégie que France Télécom un frein au déploiement de la fibre. L'autorité considère que l'offre de gros d'accès à son réseau génie civil « en horizontal » (souterrain) va dans le bon sens mais que sur la partie terminale, « en vertical » (dans les immeubles), sa solution qui impose l'installation d'une fibre unique à laquelle se raccorderaient d'autres opérateurs handicaperait certains de ses concurrents, comme Free qui utilise la technologie multifibre.
« Alors que tous les opérateurs avancent vite en sous-sol (plus de 3 millions de foyers ont la fibre dans leur rue) », Paul Champsaur déclare s'interroger sur les raisons du blocage par l'opérateur historique, et demande à nouveau de tester un compromis qui préserve la liberté des choix techniques.
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