Stress chez les opérateurs mobile qui accusent Free et l'ARCEP
Source : DSLvalley
13/07/2012
Auteur : Michel Géa

Auditionné par la Commission des affaires économiques de l'Assemblée Nationale, Jean-Ludovic Silicani, président de l'ARCEP, a répondu aux critiques portant sur le rôle de l'agence de régulation et sur l'introduction d'un 4ème opérateur mobile. Bien décidé à ne pas endosser le rôle de bouc émissaire, il est revenu sur l'accord d'itinérance entre Free et Orange, et a notamment répondu aux accusations énoncées par Bouygues Telecom.
Rappelons en effet que Martin Bouygues a contacté l'ensemble des députés de l'hémicycle pour leur demander d'annuler dès 2018 l'accord d'itinérance 3G conclu entre Orange et Free, et d'empêcher un éventuel accord d'itinérance 4G, cette fois, avec tout autre opérateur. Dans cette lettre, il met directement en cause Free et le tient pour responsable de la mauvaise situation financière des autres opérateurs, et donc des suppressions de postes chez Bouygues Telecom et chez SFR.
Le président de l'ARCEP lui défend le bilan de l'arrivée de Free Mobile qui, à ses yeux, n'est pas si mauvais. Tout d'abord, il estime nécessaire la présence d'un 4ème opérateur, chose courante ailleurs en Europe. Ce projet, qui datait des années 2000, a permis une baisse significative des prix pour le grand public, en particulier pour les forfaits « illimités ». Certes, cela a eu aussi pour conséquence une diminution des profits pour les opérateurs, mais d'après lui, ceci pourrait être compensé par l'arrivée des forfaits 4G. Quant à la question des pertes d'emploi, Jean-Ludovic Silicani rappelle que si depuis l'arrivée de Free 3 000 emplois ont étés supprimés, le nouvel opérateur en a, pendant la même période, créé près de 2 000... et la société continue de croître.
Enfin, et surtout, il évoque les « baisses tendancielles » que subit le secteur des télécoms, qui sont indépendantes de l'arrivée de Free. Ainsi, au premier trimestre 2012, la valeur du marché n'a baissé que de 2,8 %, soit moins qu'au premier trimestre 2011, quand l'arrivée de Free ne pouvait justifier l'effondrement du marché. Pour résumer sa position, « il est assez pratique de mettre sur le dos de l'arrivée d'un quatrième opérateur l'ensemble des suppressions d'emplois ». Et sur ce point, il n'a sans doute pas tort…
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