Logiciel d’emailing : comment choisir l’outil adapté à tes campagnes

Tu as passé deux heures sur ta newsletter. Le visuel est propre, l’offre tient la route. Et une bonne partie de ta liste ne la verra jamais, parce qu’elle a atterri dans les spams.

Choisir un logiciel d’emailing, c’est d’abord régler ce problème-là. Les éditeurs en glisser-déposer se ressemblent tous. La vraie différence, c’est la façon dont l’outil t’aide à arriver en boîte de réception sans enfreindre les règles de consentement.

Voici les critères que je regarde avant de conseiller un outil, dans l’ordre où ils comptent.

En bref : le bon logiciel d’emailing dépend de ton usage (newsletter, boutique en ligne, B2B) et de la taille de ta liste. Avant les fonctions, vérifie qu’il t’aide à configurer SPF, DKIM et DMARC, qu’il gère la désinscription en un clic et qu’il collecte un consentement propre.

Pars de ton usage, pas de la liste des fonctions

Choisir un logiciel d'emailing selon le type d'entreprise

Un blog qui envoie une lettre par mois n’a pas les mêmes besoins qu’une boutique qui relance les paniers abandonnés toutes les heures. Pose-toi cette question avant de comparer quoi que ce soit.

Pour une newsletter simple, MailerLite ou Brevo (l’ex-Sendinblue, éditeur français) font très bien le travail, avec une prise en main rapide.

Pour une boutique en ligne, Klaviyo est pensé pour ça. Il récupère les données de commande de Shopify ou WooCommerce et déclenche des emails selon ce que le client a acheté ou regardé. Si tu préfères déléguer, une agence spécialisée Klaviyo peut monter les scénarios à ta place.

En B2B, avec des cycles de vente longs, ActiveCampaign ou HubSpot tiennent mieux la route grâce à leurs automatisations et à leur CRM. HubSpot coûte vite cher quand ta base grossit, garde ça en tête.

Ton profilOutils à regarderCe qui compte le plus
Blog, association, newsletterMailerLite, Brevo, MailchimpPrise en main rapide, formule gratuite pour démarrer
Boutique en ligneKlaviyo, BrevoConnexion à la boutique, relances automatiques
B2B, SaaS, cycle de vente longActiveCampaign, HubSpotAutomatisations, CRM, suivi des prospects

Les fonctions dont tu auras vraiment besoin

Fonctions d'un logiciel d'emailing pour préparer une campagne

La liste est plus courte qu’on ne le croit :

  • un éditeur visuel qui produit des emails lisibles sur mobile
  • la segmentation par tags, par comportement ou par source d’inscription
  • des automatisations de base, comme l’email de bienvenue ou la relance de panier
  • des tests A/B sur l’objet
  • des formulaires d’inscription avec une case de consentement non cochée
  • des statistiques par campagne et par segment

Le reste relève souvent du confort. L’IA qui propose tes objets peut dépanner un soir de flemme, mais elle ne connaît pas tes abonnés mieux que toi.

Un détail que beaucoup oublient : l’adresse d’expédition. Envoie depuis une adresse à ton nom, jamais depuis une boîte Gmail ou Outlook gratuite. Si tu n’as pas encore d’adresse pro, notre guide pour créer une adresse mail fait le tour des options.

La délivrabilité passe avant tout le reste

Emails arrivés en boîte de réception plutôt que dans les spams

Depuis le 1er février 2024, Gmail impose des règles strictes aux expéditeurs qui envoient plus de 5 000 messages par jour vers des comptes Gmail personnels. Dans les faits, elles servent de référence à tout le monde :

  • authentifier ton nom de domaine avec SPF et DKIM, et publier un enregistrement DMARC
  • proposer une désinscription en un clic dans les emails marketing
  • garder un taux de spam sous 0,3 % dans les Postmaster Tools de Google

Un bon logiciel d’emailing te guide pour ajouter ces enregistrements DNS et gère tout seul la désinscription en un clic. S’il te laisse bricoler ta zone DNS sans la moindre aide, passe ton chemin.

C’est aussi pour ça que le choix du nom de domaine de ta marque compte plus qu’on ne le pense. Sa réputation voyage avec chaque envoi, et certains expéditeurs passent par un sous-domaine réservé aux campagnes pour protéger l’adresse principale.

Ce que la loi t’impose avant le premier envoi

Formulaire d'inscription à une newsletter avec case de consentement

En France, la CNIL est claire. Pour écrire à des particuliers, il te faut leur consentement préalable, libre et éclairé, donné en cochant une case qui n’était pas cochée d’avance.

Une exception existe pour tes clients, si tu leur proposes des produits ou services analogues à ce qu’ils ont déjà acheté. Attention, la CNIL précise que la simple création d’un compte en ligne ne fait pas de quelqu’un un client.

En B2B, tu peux écrire à un professionnel sans accord préalable si le message concerne son métier. Il doit quand même avoir été informé et pouvoir s’y opposer facilement.

Et dans tous les cas, chaque email doit dire qui l’envoie et offrir un moyen simple de se désinscrire.

Acheter un fichier d’adresses ? Je te le déconseille franchement. C’est risqué sur le plan juridique et c’est le moyen le plus rapide de flinguer ta délivrabilité. Une partie des inscrits utilisent aussi des adresses email jetables, et certains outils savent les repérer dès l’inscription.

Mesure ce qui compte après chaque envoi

Tableau de bord des statistiques d'une campagne d'emailing

Le taux d’ouverture n’est plus fiable. Depuis qu’Apple Mail précharge les emails pour protéger la vie privée de ses utilisateurs, une partie des ouvertures est comptée sans que personne n’ait rien lu.

Regarde plutôt les clics, les désinscriptions, les plaintes pour spam et, si tu vends, le chiffre d’affaires rapporté par chaque campagne. Pour relier ces chiffres au reste de ton marketing, notre article sur les indicateurs digitaux à suivre donne une bonne grille.

Fais vivre ta liste

Abonnés actifs qui lisent et cliquent dans une newsletter

Une liste qui dort se dégrade. Les adresses abandonnées finissent par rebondir, et ça pèse sur ta réputation d’expéditeur. Tous les six mois, isole les inscrits qui n’ont rien cliqué depuis longtemps, envoie-leur une dernière relance, puis retire ceux qui ne réagissent pas.

Ça fait mal de voir la liste maigrir.

Mais une petite liste qui lit rapporte plus qu’une grosse liste qui t’ignore.

Branche ton outil sur le reste de tes canaux

Logiciel d'emailing synchronisé avec un CRM et une boutique en ligne

Ton outil d’emailing doit parler avec ta boutique, ton CRM et tes formulaires. Sans synchronisation, tu relances un client qui a déjà acheté, ou tu souhaites la bienvenue à quelqu’un inscrit depuis deux ans.

Vérifie les connecteurs natifs avant de payer quoi que ce soit. Une intégration bancale via un outil tiers finit toujours par casser un jour de soldes.

Et l’email n’est plus seul. Certains clients réagissent mieux à un message direct, d’où l’intérêt pour les relances automatisées sur WhatsApp. Garde l’email pour le contenu long et la newsletter, et la messagerie pour ce qui presse.

Mon conseil : ouvre la formule gratuite de deux outils qui collent à ton profil, configure SPF, DKIM et DMARC sur chacun, puis envoie la même campagne test à quelques adresses perso. Celui qui arrive en boîte de réception et que tu as envie de rouvrir le lendemain a gagné.

FAQ sur les logiciels d’emailing

Quel logiciel d’emailing gratuit choisir pour débuter ?

MailerLite, Brevo et Mailchimp ont tous une formule gratuite, avec des limites sur le nombre de contacts ou d’envois. Ces plafonds changent souvent, vérifie-les sur le site de l’éditeur. Pour une petite newsletter, l’une de ces offres suffit au départ.

Pourquoi mes emails arrivent-ils en spam ?

Les causes les plus fréquentes sont un nom de domaine mal authentifié, une liste achetée ou vieillie et des contenus trop agressifs. Commence par vérifier SPF, DKIM et DMARC, puis retire les inscrits inactifs. Si tu envoies beaucoup vers Gmail, surveille ton taux de spam dans les Postmaster Tools.

A-t-on le droit d’envoyer une newsletter sans consentement ?

Vers des particuliers, non, sauf à des clients à qui tu proposes des produits analogues. Vers des professionnels, c’est possible si le message concerne leur métier et qu’ils peuvent s’y opposer. Dans tous les cas, un lien de désinscription simple est obligatoire.

Brevo ou Mailchimp, lequel choisir ?

Brevo est un éditeur français avec une interface et un support en français. Mailchimp est plus ancien et propose un très grand nombre d’intégrations. Le plus simple reste de tester les deux avec une vraie campagne avant de t’engager sur un abonnement annuel.

Faut-il encore suivre le taux d’ouverture ?

Il reste utile pour repérer une chute brutale, mais il est gonflé par le préchargement des emails sur Apple Mail. Base plutôt tes décisions sur les clics, les désinscriptions et les ventes. Ces chiffres-là reflètent ce que tes abonnés font vraiment.

DT

Écrit par

David Tan dirige la rédaction de DSL Valley. Il écrit sur le web, l’IA, les logiciels et le matériel du quotidien avec une règle simple : expliquer ce qui marche, dire ce qui coince et citer ses sources. Notre façon de travailler.

Sources

Laisser un commentaire