Allostreaming : ce que son blocage a changé pour le streaming en France

Si tu as cherché un film gratuit sur internet au début des années 2010, tu es forcément tombé sur Allostreaming. Le site a disparu depuis longtemps, mais son nom revient encore dans les recherches, souvent repris par des copies qui n’ont rien à voir avec l’original.

Son histoire mérite qu’on s’y arrête pour une raison simple : c’est l’affaire qui a lancé le blocage des sites pirates en France. Ce qui s’est joué en 2013 explique encore pourquoi les adresses de streaming illégal changent toutes les deux semaines.

En bref : Allostreaming était un réseau de sites de streaming illégal bloqué en 2013 par le tribunal de Paris, qui a aussi ordonné son déréférencement des moteurs de recherche. Les sites qui utilisent ce nom aujourd’hui n’ont rien d’officiel et t’exposent à des risques juridiques et de sécurité. Pour regarder films et séries tranquille, il existe des offres légales gratuites ou peu chères.

Qu’était Allostreaming exactement ?

Ancien site de streaming Allostreaming et ses copies

Allostreaming n’hébergeait pas les films lui-même. Le site proposait un catalogue de liens vers des vidéos stockées chez des hébergeurs tiers, avec fiches, affiches et commentaires. Pour l’internaute, ça ressemblait à un vrai service de vidéo à la demande, gratuit en prime.

Autour du site principal gravitaient plusieurs sites du même réseau. Et c’est ce réseau entier que les organisations du cinéma ont attaqué en justice.

La procédure a duré deux ans.

Le modèle n’a pas disparu avec lui. On a décrypté le cas de Vredap, qui fonctionne sur le même principe d’annuaire de liens.

Qu’a décidé le tribunal de Paris en 2013 ?

Décision du tribunal de Paris sur le blocage d'Allostreaming en 2013

Le 28 novembre 2013, le tribunal de grande instance de Paris a donné raison aux organisations du cinéma, parmi lesquelles l’Association des producteurs de cinéma et la Fédération nationale des distributeurs de films. Il a ordonné aux principaux fournisseurs d’accès français de bloquer seize sites du réseau Allostreaming.

La deuxième partie du jugement a encore plus marqué les esprits. Les moteurs de recherche ont dû déréférencer ces sites, une décision qui a fait date dans la lutte contre le piratage.

La base légale, c’est l’article L336-2 du Code de la propriété intellectuelle. Il permet aux ayants droit de demander au juge toute mesure capable de faire cesser une atteinte au droit d’auteur, contre toute personne susceptible d’y contribuer, intermédiaires techniques compris.

Restait à savoir qui paie la facture des blocages. La Cour de cassation a tranché en 2017 : les fournisseurs d’accès et les moteurs de recherche peuvent en supporter le coût.

Le blocage a-t-il vraiment freiné le streaming illégal ?

Impact du blocage et du déréférencement sur le streaming illégal en France

À court terme, pas vraiment. Des copies ont surgi sous de nouvelles adresses dans les jours qui ont suivi, parfois avec un nom à peine modifié. C’est la limite d’une décision qui vise des adresses précises.

Le législateur a donc fait évoluer les outils. Depuis 2022, l’Arcom, née de la fusion du CSA et de la Hadopi, peut faire étendre un blocage déjà ordonné aux sites miroirs sans repasser devant le juge à chaque fois. Le sport utilise beaucoup ce mécanisme, et on l’explique dans notre article sur le streaming foot gratuit.

Je pense que le blocage a surtout rendu le piratage pénible. Entre les adresses qui tombent et les pubs piégées, le « gratuit » demande de plus en plus d’efforts pour un résultat de plus en plus risqué.

Le même jeu du chat et de la souris s’est répété avec d’autres noms, comme Wawacity côté téléchargement.

Que risques-tu sur un site qui reprend le nom Allostreaming ?

Risques juridiques et de sécurité des sites de streaming illégal

Les sites qui portent aujourd’hui le nom Allostreaming n’ont aucun lien avec l’original. Ils misent sur la notoriété de la marque pour attirer du trafic, et ce trafic se paie en pub, souvent la pire.

Côté loi, regarder un film diffusé sans l’accord des ayants droit reste illégal. La riposte graduée de l’Arcom vise le partage en pair-à-pair, donc le streaming passe en général sous ses radars, mais ça ne le rend pas légal pour autant. Et les sites eux-mêmes restent dans le viseur de la justice.

Le risque le plus concret, c’est ta sécurité :

  • faux lecteur qui réclame un « codec » ou une mise à jour à installer,
  • fenêtres de pub qui redirigent vers du phishing ou de fausses loteries,
  • inscription « gratuite » qui demande quand même ta carte bancaire,
  • notifications de navigateur à accepter, qui te bombardent ensuite de spam.

Même logique avec les abonnements pirates vendus sur les réseaux sociaux. On a détaillé pourquoi les offres IPTV à prix cassé finissent souvent en arnaque ou en coupure sèche.

Quelles alternatives légales pour regarder films et séries ?

Alternatives légales et gratuites pour regarder films et séries en streaming

L’offre légale n’a plus rien à voir avec celle de 2013. Une partie est même gratuite, et beaucoup de gens l’ignorent.

OptionPrixCe que tu y trouves
Arte.tvGratuitFilms d’auteur, documentaires, séries européennes
france.tv, TF1+, M6+Gratuit avec un compte (avec pub)Replay, séries et films diffusés à la télé
Plateforme de ta médiathèqueGratuit avec ta carte de bibliothèque, selon ta villeFilms en ligne, souvent en nombre limité par mois
Netflix, Prime Video, Disney+…Abonnement mensuel, formules avec pub moins chèresGros catalogues et séries exclusives
Location en VODPaiement à l’unitéFilms récents, peu après le cinéma

Mon réflexe : commence par Arte.tv et la plateforme de ta médiathèque avant de payer quoi que ce soit. Leurs catalogues surprennent. Et si tu veux un service payant, prends-le au mois, regarde ce qui t’intéresse, puis résilie et passe au suivant.

Si tu tombes sur un site au nom bizarre qui promet tout le catalogue gratuitement, compare avec le cas Filmoflix : même promesse, mêmes pièges.

Pour vérifier qu’un service est légal, l’Arcom publie une liste des offres légales sur son site. Deux minutes de vérification t’évitent bien des ennuis.

FAQ sur Allostreaming

Allostreaming existe-t-il encore ?

Le site original a été bloqué en France à partir de 2013 et n’existe plus sous sa forme d’origine. Les sites qui reprennent son nom aujourd’hui sont des copies sans lien avec lui, souvent bourrées de publicités douteuses.

Regarder un film sur un site de streaming pirate est-il illégal ?

Oui. Le film est diffusé sans l’accord des ayants droit, ce qui relève de la contrefaçon. La riposte graduée vise surtout le pair-à-pair, mais ça ne rend pas le streaming pirate légal.

Pourquoi Allostreaming a-t-il été bloqué ?

Des organisations du cinéma l’ont attaqué en justice pour atteinte au droit d’auteur. Le tribunal de grande instance de Paris a ordonné en novembre 2013 son blocage par les fournisseurs d’accès et son déréférencement par les moteurs de recherche.

Un VPN rend-il le streaming pirate légal ?

Non. Un VPN masque ton adresse IP mais ne change rien à la nature du contenu que tu regardes. Il ne te protège pas non plus des malwares et des pubs piégées des sites pirates.

Comment savoir si un site de streaming est légal ?

Vérifie s’il figure dans la liste des offres légales publiée par l’Arcom. Un service légal affiche son éditeur, ses mentions légales et ses conditions d’abonnement. Un catalogue complet de films récents, gratuit et sans compte, doit te mettre la puce à l’oreille.

DT

Écrit par

David Tan dirige la rédaction de DSL Valley. Il écrit sur le web, l’IA, les logiciels et le matériel du quotidien avec une règle simple : expliquer ce qui marche, dire ce qui coince et citer ses sources. Notre façon de travailler.

Sources

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